Education à la santé, incontournable

Ne pourrait-on voir la santé autrement et apprendre à compter autrement. L’esentiel de dépenses publiques de santé est concentré sur le soin et la prise en charge de la maladie. Force est de constater que l’ effort d’éducation à la santé des citoyens est la parente pauvre du système. Il y a peu d’espoir de voir se réduire le budget de la maladie si aucun effort de santé publique de type éducatif n’est engagé pour que les français se portent tout simplement mieux. La réduction des maladies dites de civilisation est certainement possible. La réduction de l’accès à la santé ne fera qu’aggraver l’état de santé des français et augmenter les dépenses notamment dans les maladies chroniques.

Si l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) doit se situer en dessous de 3 %, alors que la démographie, l’augmentation de la durée de vie, l’augmentation de maladies chroniques et de dégénérescences notamment du cancer, laissent penser que la demande de soins est en croissance, on peut se demander qui paiera la note ?
Qui paiera la note ? Les usagers du système de santé, n’en doutons pas ! Les leviers sont connus : baisser les budgets des hôpitaux, augmenter les franchises et les forfaits, opérer de nouveaux déremboursements de médicaments. A chaque fois, au bout du compte, c’est l’usager qui paie. D’ailleurs, les travaux des économistes le montrent clairement, en dehors des affections de longue durée et des hospitalisations, l’assurance maladie ne rembourse plus aujourd’hui 75 % mais seulement 50 %.
Les attaques contre le système de santé solidaire se poursuivent donc, en utilisant toujours la même
variable : la baisse de la couverture d’assurance maladie. Alors que d’autres solutions existent:
– modifier l’organisation du système de santé pour le rendre plus performant,
– mobiliser des ressources nouvelles, comme le recommandent notamment les rapports successifs de la Cour des Comptes.
Nous connaissons les conséquences dans tous les pays qui ont choisi cette voie : multiplication des inégalités sociales de santé, progression de la fracture sociale, mauvais état de santé des populations, déséquilibres de santé publique.
C’est inacceptable certes, mais quelles propositions ?
Ouvrir des pistes :
1 – Repenser la santé en termes prioritaires de santé publique, au sens primaire du terme, éduquer et agir sur les modes de vie, habitudes alimentaires, habitat, transport, travail etc… le sujet est vaste dès qu’il s’agit de santé publique. Mettre en place une véritable éducation à la santé, est encore la meilleure voie pour prévenir la maladie et réduire les dépenses de santé.
2 – Changer de vision des dépenses de santé et Apprendre à compter autrement :
Voir la santé comme un capital structurel de l’Etat et non pas comme un « trou ». On ne parle pas du déficit de la défense, ( chaque soldat en Afghanistan nous coûte …), de la justice, ou de l’éducation.
Faire un vrai bilan du budget. Une grande partie du budget public de la santé retourne dans les caisses de l’Etat par la voie des prélèvements divers sur les professionnels de santé ( impots, taxes …) ou sur les établissements de santé ou industriels de la santé.
Compter autrement c’est aussi redéfinir la mission de l’assurance maladie, définir le socle de prise en charge pour tout citoyen, ou explorer la piste du principe pollueur-payeur….

Ecrit par William Michaut

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Une réponse à Education à la santé, incontournable

  1. pibi dit :

    Bonjour,

    vous avez bien raison une education pour la santé « objectif national » !

    La pub « les antibiotiques c’est pas automatique » a été un formidable argument pour régler nombre de discussions en quelques secondes au cours des consultations.
    Il faut un travail de fond par l’education nationale, car trop de pub nuierait aux messages

    Existe t il seulement un livre d’école sur cela ? cette « education » doit être noyée dans les pages des livres de science naturelle, d’économie, ou bien d’éducation civique (ça se fait encore ça ?).

    Cordialement

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