Préservatif ou abstinence ? Les deux !

« Je dirais qu’on ne peut pas vaincre ce problème du sida uniquement avec de l’argent, qui est nécessaire. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème. » (1) (2) (3)

Errare humanum est, perseverare diabolicum

Encore une erreur de communication de l’église catholique, ça devient lassant ! Surtout que cette fois-ci, il s’agit du pape Benoit XVI, lui-même.

Les réactions médiatiques et citoyennes qui s’en sont suivies étaient courues d’avance et compréhensibles.

Je dis erreur de communication car je pense que Benoit XVI n’aurait pas trahi sa pensée s’il avait formulé les choses ainsi :

« A l’heure actuelle, on ne peut malheureusement pas se passer d’un moyen comme le préservatif pour combattre le SIDA. Mais ce moyen n’est pas suffisant, s’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau et il risque de s’aggraver »

Du moins, je suppose…

Mais encore une fois, les erreurs de communication de quelques organisations humaines que ce soit ne sont pas l’objet de ce blog.

Le SIDA pose de multiples questions complexes, je ne m’attacherai qu’au problème médical et plus précisément à la prévention.

Le préservatif, seul moyen efficace contre le SIDA ?

On entend souvent : « le seul moyen efficace est le préservatif » et l’on stigmatise l’église catholique qui dit-on prone « l’abstinence ».

Permettez-moi de faire référence à l’ONUSIDA :

« Le mot ‘seulement’ ne s’applique pas au sida – que ce soit pour dire traitement seulement, prévention du VIH seulement, préservatifs seulement, abstinence seulement ou circoncision masculine seulement. En réalité, il nous faut tout, c’est-à-dire une approche réellement exhaustive. » (4)

« Les gouvernements se sont engagés à promouvoir […] l’intensification des efforts pour assurer un large éventail de programmes de prévention, notamment information, éducation et communication, visant à réduire la prise de risque et favorisant les comportements sexuels responsables, notamment l’abstinence et la fidélité ; l’accès élargi aux produits essentiels, notamment les préservatifs masculins et féminins et à du matériel d’injection stérile ; etc… » (5)

« Les préservatifs ont aidé à réduire les taux d’infection à VIH là où le sida est déjà installé, limitant une propagation plus large du virus dans des milieux dans lesquels l’épidémie reste concentrée dans des groupes spécifiques de population.

Les préservatifs ont aussi encouragé une plus grande généralisation des comportements sexuels à moindre risque.

Une étude récente sur l’épidémie de sida en Ouganda a confirmé qu’une utilisation accrue du préservatif, parallèlement à un report à un âge plus élevé du premier rapport sexuel et à une réduction du nombre de partenaires sexuels, était un facteur important de la diminution de la prévalence du VIH dans les années 90 (6).

Les efforts de la Thaïlande pour déstigmatiser les préservatifs et les promouvoir de manière ciblée auprès des professionnel(le)s du sexe et de leurs clients ont considérablement réduit les infections à VIH parmi ces groupes de population et contribué à limiter la propagation de l’épidémie à la population générale.

Au Cambodge, un politique similaire a aidé à stabiliser la prévalence nationale tout en réduisant substantiellement la prévalence parmi les professionnel(le)s du sexe.

En outre, la campagne précoce et dynamique de promotion des préservatifs auprès de la population générale et des groupes vulnérables au Brésil a contribué avec succès à lutter durablement contre l’épidémie. » (7)

Et j’aurais pu multiplier les exemples. Je me suis borné aux textes datant de moins d’un an et en français, de multiples autres plus anciens ou en anglais sont accessibles.

D’autres références sont accessibles sur le site de l’OMS rubrique SIDA qui a d’ailleurs entreprit une évaluation de l’ensemble des actions d’éducation et d’information.

Eviter les positions dogmatiques

Nous voyons qu’une fois encore, n’en déplaise aux tenants d’un dogme ou d’un autre, l’efficacité veut que l’on n’oppose pas les moyens mais que l’on comprenne qu’ils sont complémentaires.

Et pour enfoncer le clou, encore une fois, tout ceci est basé sur la transmissions de connaissances aux citoyens et principalement aux adolescents…

 

 

(1) http://zenit.org/article-20479?l=french

(2) http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2368376&rubId=4078

(3) http://www.liberation.fr/societe/0101557413-preservatif-ce-que-le-pape-a-vraiment-dit

(4) Réponse à « réévaluer la prévention du VIH »

(5) http://www.unaids.org/fr/PolicyAndPractice/HumanRights/default.asp

(6) Singh S, Darroch J.E, Bankole A. A, B et C en Ouganda : le rôle de l’abstinence, de la monogamie et de l’utilisation du préservatif dans la diminution du VIH. The Alan Guttmacher Institute. Washington DC. 2003.

(7) Les préservatifs et la prévention du VIH

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Une réponse à Préservatif ou abstinence ? Les deux !

  1. blanc dit :

    Chacun a son opinion la dessus mais je pense que le préservatif est quand même un bon moyen de nos jours pour éviter les infections donc pourquoi l’abstinence?

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